Synapson

Le 02/08/2019 à 23:00

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Aux sources de Synapson, il y a deux jeunes gens plantés aux presque deux bouts de France. A Paris, c’est Alex, pianiste fana de jazz, qui se rêve en habitué d’arrières-salles enfumées d’antan où de vieux matous improvisent à gogo les airs de Billie Holiday. Et au sud, voilà Paul, DJ d’une bande qui entre le garage et le skatepark jonglent avec les rimes d’Eminem et du Wu-Tang. Il faut alors des vacances pour que l’un forme avec l’autre un duo.

C’était il y a longtemps et c’était déjà une fusion. “Alex était le seul avec qui je pouvais parler pendant des heures de musique”, dit Paul. “ Paul a tout de suite été comme un alter-ego”, dit Alex. Ensemble, ces deux-là ne tardent pas à fondre leurs inspirations selon une mécanique toute naturelle. Dès que Paul rejoint Alex à Paris, ils se mettent ainsi à faire ronronner les machines, claviers, et boîtes à rythmes, pour accouches des premières couleurs de Synapson. “Un mélange d’ambiances”, notent-ils, où le jazz et le rap se vernissent de mélodies soul et de bourdonnement house.

Leur musique est celle de mille passions, une matière de coeur, qui finit par avoir le ton caméléon de ce que l’on écoute partout, le long d’une route fusante et dans la chaleur d’un club. Et qui dispose vite d’un curriculum vitae: après Haute Couture, un premier EP paru en 2010, les Synapson sortent en 2015 le fameux Convergence. Un disque consacrant les liens unissant les vieux amis en déroulant une électro-pop limpide comme s’ils n'avaient jamais fait qu’un. “C’est comme si d’un coup, on avait réussi chacun dans notre coin à faire parfaitement danser l’autre.” Une chose, encore : la voix. Parce qu’ils sont des amoureux de cette soul, où les mots donnent de la chair aux lignes de notes, les Synapson convoquent là une ribambelle d’artistes parmi lesquelles la délicate Anna Kova, incarnation d’All in You, titre de proue de ce deuxième album qui sera consacré disque de platine après s’être écoulé à 150 000 exemplaires.

En 2018, les amis de toujours s’apprêtent à publier leur deuxième album, Super 8. Comme cette vieille caméra qui fixe les souvenirs heureux, le disque éponyme est un carnet de treize morceaux déroulant ces infusions qui ont nourris la sève des deux producteurs. Des sons émotions, jusqu’aux paysages. “Nous sommes à l’image de notre génération, nous sommes faits de tout”, avancent les garçons. Que l’on écoute All The Way Down, où la voix rauque suintante d’envie de L’Marshall dessine les contours d’un cabaret funk d’un faubourg de Philadelphie, que l’on voltige sur les basses compressées de Night Time, là où le rappeur Beat Assaillant nous commande de vivre en canaille fière, que l’on vire vers Ce que l’on veut, déroutante balade où l’on aperçoit sous une nuit claire un “océan opale” depuis la longue vue du chanteur Tim Dup, joliment grimé en Christophe de la belle époque. Et puis il y a la course discoïsante d’Hide Away, à fond la caisse sur higwhay californienne, ou bien encore la country gorgée de bourbon de Sex You Up. Une déambulation rêvée ponctuée par Shoot Again, conte codéiné des seuls Synapson, qui tangue pareil à la fin de l’été et susurre à l’oreille qu’il faut que tout recommence encore.

Comme à l’accoutumée, mes Synapson pont construit Super 8 à la manière de véritables orfèvres, contourant chaque petit point de leurs compositions en se fiant d’abord à leur instinct. Ils sourient: “Nous sommes autodidactes. On ne sait jamais ce que l’on va faire après. On avance, c’est tout.” Ces dernières saisons, les Synapson ont fait plusieurs fois le tour du monde pour porter leur musique. Plus de 200 concerts en un an, dont une grande partie jouée en live, et des dates clés, du Printemps de Bourges aux Vieilles Charrues et Solidays, jusqu’à ce Zénith de Paris complet pour l’occasion. Avec la sortie de  Super 8 , les Synpason préparent aujourd’hui un nouveau live qu’ils présenteront bientôt au public.